Intéressants
propos de John R. McArthur sur l’Amérique, sa politique aérienne sécuritaire et l’idée
de boycotter les vols sur les Etats-Unis pour faire pression sur l’administration
Obama:
À l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, mon sac à main m'a
été enlevé — tout bagage étant interdit dans la cabine (dont les sacs en plastique
contenant journaux et magazines) hormis les ordinateurs portables — et j'ai
subi une fouille corporelle méticuleuse. À la porte d'embarquement, j'ai
demandé à l'agente de bord comment il se faisait que d'autres passagers
portaient des bagages à main autres que des ordinateurs. «Je ne connais pas les
règles», m'a-t-elle répondu d'un ton exaspéré. Règles, sans doute, imposées par
l'Amérique au Canada. Cela ne donne assurément pas envie de voyager au «land of
the free and home of the brave».
Comment s'en sortir? Là, je fais appel à Tyler Brûlé, Canadien d'origine et
chroniqueur au Financial Times. D'habitude, je ne fais grand cas des
déclarations et recommandations de Fast Lane, sa chronique sur la consommation
globale et la vie de jet set affaires. Mais j'avoue que Brûlé, homme de bon
goût, fait souvent des observations intelligentes — et voilà que le mois
dernier il a offert une stratégie simple et brillante pour combattre les
dernières folies de l'Amérique: le boycottage.
Oui, un vrai boycottage économique
issu de l'étranger, puisque aucune influence locale ne semble avoir d'effet sur
le pouvoir à Washington ou dans les grandes sociétés. Brûlé a raison de
dire «qu'il n'y a rien de tel qu'une occasion commerciale ratée pour changer
les opinions aux États-Unis» et «qu'un secteur d'aviation civile paralysé
serait une mauvaise nouvelle pour des industries comme Boeing et ses
fournisseurs».(…)Au-delà des crises économiques et guerrières, il y a
chez nous une crise de l'éducation publique liée à la sécurité aérienne. Avant
l'attentat raté de Noël à bord de l'avion à destination de Detroit, un employé
du Département d'État a mal écrit dans son ordinateur le nom du terroriste
présumé, Umar Farouk Abdulmutallab, ce qui a permis à celui-ci, en partie du
moins, d'échapper à l'attention des autorités qui auraient pu saisir son visa.
Entre temps à New York, la direction des transports publics a proposé
d'éliminer, afin d'économiser, les cartes de métro et d'autobus gratuites pour
les étudiants fréquantant l'école primaire et secondaire. Voilà la bêtise
américaine dévoilée en grand: au moment où nous avons un évident besoin de
perfectionner l'orthographe, la ville de New York décourage les enfants d'aller
à l'école.
Le problème est
que les choses ne vont pas changer surtout pas sous Barack Obama. Ce dernier, parce qu'il est un grand politique (dans le sens Sarkozyen du terme) sait qu’il
suffit d’un attentat terroriste pour faire de lui un président qui, probablement,
ne peut être réélu. Obama et ceux qui l'entourent sont d'avis, que sur les questions du terrorisme et de la sécurité
aérienne, il doit être au moins aussi Bushiste que Bush sinon plus pour ne pas se faire Kerryser et devenir l’homme mou qui ne sait que discuter avec les terroristes
sans les combattre et les vaincre pour protéger son propre pays. Obama n’est
pas perçu comme un homme fort et les Américains même lorsqu’ils le kiffent ont
des doutes sur sa capacité à les protéger. Ces doutes ne sont pas (encore ?)
paralysants ou determinants parce que la priorité du moment n’est pas le
terrorisme mais l’économie et le chômage. Si cela devait changer, on
assisterait à un durcissement automatique sans discussion sur son efficacité. C’est
désespérant mais c’est ainsi.
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